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PALIERS PROFONDS
-Théorie générale
-Micro-bulles

D'après : Erik C. Baker.
Il en va de l'accident de décompression comme dans beaucoup de domaine, l'adage 'mieux vaut prévenir que guérir' est souvent applicable et il est évident que le meilleur traitement de l'accident ou de la maladie de la décompression est d’adopter un profil et des procédures de décompression suffisants. Les plongeurs Tek ont observé que de nombreux troubles peuvent être évités en incluant des 'paliers profonds' dans leurs profils. En examinant les modèles de décompression résultants de plus près, on constate que cette méthode permet de réduire ou d'éliminer les gradients de surpression excessifs. Sachant cela, le modèle peut être modifié pour permettre un contrôle précis de ces gradients. Ainsi, des paliers profonds peuvent être calculés pour rentrer dans la zone de décompression à la profondeur correspondant au palier de décompression le plus profond possible.

Calculs standards
Que ce soit au niveau thérique ou pratique, on recherche, dans le domaine de la décompression un compromis entre une décompression suffisante (pas de symptôme d'ADD) et une décompression économique (montant minimum en temps de palier, en consommation de gaz, en exposition, etc.). Les algorithmes conventionnels de gaz dissous, comme ceux développés par Robert D. Workman et Albert A. Buhlmann, cherchent à optimiser la décompression en permettant au plongeur de remonter jusqu’à la plus faible profondeur possible, ou plafond, basée sur la M_value qui limite la remontée pour ce compartiment (tissu). Il y a deux aspects économiques dans cette procédure : On accélère l’élimination des gaz des compartiments courts on minimise la charge de gaz inerte des compartiments plus longs. Dans la pratique, nos plongeurs reçoivent une formation traditionnelle qui précise la manière de prendre en compte le facteur temps lorsqu’ils quittent le fond et remontent jusqu’au premier palier. Pour une plongée typique 'en coup de vent', les calculs conventionnels autorisent une remontée relativement longue à partir du fond jusqu’au premier palier. Dans ce scénario, les gaz inertes des compartiments courts arrivent, ou s’approchent, de la saturation lorsqu’on est au fond tandis que les compartiments longs ne sont que partiellement chargés. Ceci signifie que les compartiments courts contrôleront le début de la remontée car leur charge en gaz inerte sera proche de la M_value et ceci bien avant les compartiments plus lents. Le premier palier s’impose lorsque la charge en gaz inerte est égale ou proche de sa M_value.

Bulles et gradients
Lorsque le concept de M_values fut présenté pour la première fois par le chercheur en décompression Robert D. Workman, on présumait que les gaz inertes ne sortaient pas de la solution sous forme de bulle, à moins qu’une M_value ne soit dépassée. On retrouve le même concepte théorique, bien que présenté différemment dans les coefficients de sursaruration critique des tables MN90. Depuis cette théorie a été très controversée. Workmann savait que les méthodes de détection de bulles aux ultrasons, in vivo et in vitro, qu’on était en train d’explorer, allaient permettre une meilleur compréhension de la décompression. On reconnaissait également que les technologies futures seraient capables de donner plus de précision sur la présence et le comportement des bulles dans le corps des plongeurs. Effectivement les technologies Doppler à ultrasons se sont développées et ont été massivement utilisées pour la recherche sur la décompression. Cette même recherche a montré qu’il y a présence de bulles dans la circulation sanguine, pendant et durant de nombreuses plongées de toute sorte, y compris celles ne présentant aucun symptôme d'ADD. En d’autres termes, un plongeur n’a pas besoin de dépasser une M_value ou un coefficient de sursaturation critique pour générer des bulles. Ce fait a été constaté dans l’étude de la décompression, mais le mécanisme de formation et d’évolution des bulles n’est toujours pas très bien compris ni défini précisément. Les lois physiques, ainsi que de nombreux modèles, prédisent qu’on peut s’attendre à avoir des bulles de plus en plus nombreuses et de plus en plus grosses avec l’augmentation du gradient de surpression. Dans le modèle de dissolution des gaz, ceci signifie qu’il faut s’attendre à avoir plus de bulles lorsque la charge du compartiment en gaz inerte pointe plus loin au dessus de la droite des pressions ambiantes, sur le graphe des pressions. En clair, plus le gradient de pression entre la charge d'un compartiment et la pression ambiante est important, plus les bulles seront présentes en nombre et en taille.

Solutions
La génération gradient de surpression important dans un profil de décompression produira probablement plus de bulles qui mèneront à un stress de la décompression ou à un ADD. La solution de ce problème est évidente; Il s’agit de limiter l’amplitude des gradients de surpression. Les informations déjà contenues dans le modèle de décompression des gaz dissous peuvent être utilisées pour atteindre ce but. Tout d’abord, il y a une limite à la profondeur à laquelle un palier profond peut être fait. Le palier de décompression, associé à la charge en gaz du compartiment directeur, ne devrait pas être fait en dessous de la zone de décompression. Généralement, un gradient de surpression d’une certaine amplitude est nécessaire pour que se produise un dégazage effectif. Il est également important de minimiser la charge en gaz qui continue de s’accumuler dans les compartiments plus lents, pendant la décompression. Dans le contexte du modèle des gaz dissous et pour un profil donné, le palier de décompression le plus profond possible peut être définit comme étant la profondeur du prochain palier standard où la charge en gaz du compartiment directeur traverse la droite des pressions ambiantes. Le palier le plus profond possible peut être facilement calculé dans un programme de décompression et il variera en fonction de la vitesse de remontée et du mélange utilisé. Un profil de décompression ne doit pas forcément inclure un palier à la plus grande profondeur possible. Cette profondeur représente simplement le point où au moins un compartiment se trouvera dans la zone de décompression. Dans de nombreux profils de décompression, un premier palier commençant quelques paliers standards au dessus du palier le plus profond possible, serait approprié pour contrôler les gradients de surpression excessifs. Cependant, le palier le plus profond possible est une information intéressant le plongeur car il représente le début de la zone de décompression. Lorsqu’au cours de sa remontée du fond, le plongeur atteindra ce point, il devrait ralentir sa vitesse de remontée dans la zone de décompression à 10m/mn ou moins. Cette pratique amoindrira les changements rapides des gradients de surpression qui sont soupçonnés de provoquer l’apparition des bulles. La programmation de paliers profonds dans un profil, augmentera généralement la durée des derniers paliers ainsi que le temps total de la décompression. Cependant, si le résultat est une vraie décompression réellement efficace, le concept de décompression économique n’en est pas compromis pour autant.