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PALIERS PROFONDS -Théorie générale -Micro-bulles |
Réduction des microbulles par la pratique de palier profonds. (Référence : A. Marroni, "Project Safe Dive, DAN Europe News ", DAN Europe) Il a été prouvé que les micro-bulles, également connues sous le nom de bulles silencieuses, sont présentes dans les organismes des plongeurs qui pratiquent les plongées successives. Et cela même lorsque ces plongeurs se maintiennent dans la courbe de sécurité standard (plongées sans paliers). Au cours de son projet "Safe Dive", DAN Europe a découvert que 67% des plongées successives ont généré des niveaux de bulles élevés, résultat cohérent avec les rapports d’accidents de plongée enregistrés par DAN Diving Accidents dans les 15 dernières années. Ces rapports montrent en effet une fréquence relativement plus importante d’accidents de décompression après des plongées répétitives et multiples. Dans les 30 minutes après la fin de chaque plongée, DAN Europe a contrôlé avec un appareil Doppler un échantillonnage de plongeurs ayant effectué au total 1058 plongées. Les plongeurs avaient un niveau moyen, ont fait des plongées typiques en milieu naturel, avec une large gamme de profondeur et durée. Contrairement aux bulles qui peuvent causer des accidents de décompression, les micro-bulles ont tendance à rester asymptomatiques, c’est-à-dire à ne provoquer aucun symptôme identifiable par le plongeur. La seule façon de mesurer ces micro-bulles consiste à utiliser un détecteur Doppler à ultra-sons. Cet appareil se tient à la main et émet un signal ultra-sonique. Lorsque le signal rencontre une micro-bulle dans l’organisme du plongeur, le détecteur "entend" un son distinct. Le détecteur est relié à un enregistreur, et les enregistrements sont ensuite analysés. Plus on entend de micro-bulles dans un enregistrement, plus grande est la quantité et l’incidence des micro-bulles sur le sujet testé. Cependant, alors que les fortes concentrations de micro-bulles peuvent ne pas générer de symptômes visibles, il se peut qu’elles représentent un préalable à l’apparition de bulles plus importantes pouvant conduire à un accident de décompression. De plus, les plongeurs exposés à long terme à de grandes quantités de micro-bulles peuvent voir certains de leurs tissus mous endommagés. Par exemple, le tissu cérébral, la moelle épinière, la rétine. (pour en savoir plus, voir "Eyes Tests Reveal Dangers of Diving", de Lesley Newson, New Scientist, 21 Janvier 1989, page 33 ; "Diving Disease Linked to Brain Damage" de Lesley Newson, New Scientist, 8 Octobre 1987, page 26). Les plongeurs à risque sont notamment les plongeurs professionnels tels que les moniteurs et les guides de palanquée qui font beaucoup de plongées répétitives. Même les plongeurs de loisir qui font des plongées répétitives et multiples lors de vacances-plongée courent le risque de la formation de grandes quantités de micro-bulles. Il faut trouver une solution Il a été formé l’hypothèse selon laquelle la quantité de micro-bulles en fin de plongée pourrait être réduite grâce à une décompression "agressive", avec l’introduction de paliers supplémentaires profonds lors de la remontée. L’objectif étant que lors de l’arrivée en surface, il n’y ait plus de micro-bulles détectables par un appareil Doppler. Pour vérifier cela, DAN Europe a soumis 9 volontaires à un certain nombre de plongées en caisson, selon trois profils de plongée carrés relativement courants (Plongées A) : Séries 1 : 1 plongée simple de 60 minutes (y compris 1 min 40 sec de descente) à 20 mètres, avec palier de sécurité de 15 min à 3 mètres. Séries 2 :1 plongée simple de 10 minutes (y compris 3 min 1 sec de descente) à 40 mètres. Séries 3 : 3 plongées successives de 16 minutes (y compris 2 min 40 sec de descente) à 30 mètres, avec 75 minutes d’intervalle de surface. Ces plongées ont été effectuées un Samedi avec contrôle des micro-bulles à la fin de chaque plongée. L’un des plongeurs a présenté un léger accident de décompression cutané, immédiatement traité avec succès. Les signaux Doppler ont été mesurés et classés selon une variante de la méthode Spencer : LBG = Low Bubble Grade = Faible niveau de bulles: signaux occasionnels, niveau inférieur à 2 sur l’échelle Spencer HBG = High Bubble Grade = Niveau de bulles élevé: signaux fréquents et continus, niveau supérieur à 2 sur l’échelle Spencer HBG+ = Niveau de bulle occasionnellement très élevé : signaux atteignant le niveau 4 sur l’échelle Spencer Les mêmes profils ont été répétés exactement une semaine plus tard (Plongées B). Mais la décompression a été pratiquée selon un profil très sécurisant avec 31 minutes 25 secondes de remontée pour la plongée à 20 mètres, et 18 minutes 55 secondes de remontée pour les autres plongées. Les paliers étaient ainsi établis :
Conclusion Le diagramme ci-dessous résume les informations issues de 184 enregistrements Doppler :
Il est évident que la pratique d’un tel profil de décompression lors de plongées réelles en milieu naturel n’est pas souhaitable. Cependant, l’objectif de cette étude était de tester l’hypothèse selon laquelle la formation de micro-bulles pouvait être réduite, et presque éliminée, grâce à des paliers de décompression profonds. Les résultats obtenus le confirment largement, 61% des plongées avec paliers profonds n’ayant donné aucune micro-bulle au Doppler. Lors de la première semaine, ce chiffre était de 6.3% seulement. Il faut maintenant obtenir un profil de décompression plus pratique, et voir si l’on peut obtenir un résultat similaire avec une décompression moins contraignante. Une telle décompression doit permettre de minimiser la quantité de micro-bulles pour avoir seulement un faible niveau de bulles mesurables, et permettre ainsi une remontée plus rapide. |
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