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MATERIEL
-plongée épaves
-matériel associé

D'une manière générale, et ce pour son ensemble, l'équipement du plongeur sur épaves est triple : le matériel nécessaire pour évoluer dans le milieu aquatique est le matériel courant, le matériel de réserve est celui qui supplée le matériel courant en cas de défaillance, et le matériel de secours qui permet d'aborder en sécurité des situations non planifiées mais possibles (dépassement de temps au fond, perte du mouillage...).

BOUTEILLES ET ROBINETTERIE : Evidemment on utilisera différentes configurations en fonction du type et des paramètres de la plongée envisagée.
Dans le cas d'épaves peu profondes, avec un temps de plongée court, il vaut mieux, pour diminuer l'encombrement en utilisant des blocs peu volumineux, pas exemple un bi 2x7,5 litres ou encore un bloc de 12l et une petite bouteille auxiliaire (type SpareAir).
Dans le cas de plongée plus profondes avec ou sans utilisation de mélanges synthétiques, il est nécessaire de disposer de volumes plus importants. Pour de raison redondance (pour la fiabilité) on préférera les configuration avec deux bouteilles (type 'bi') mais avec les deux blocs séparés ou séparables au moyen d'un robinet d'isolement. Dans le cas de blocs séparés, il est nécessaires de changer régulièrement de détendeur afin de respirer alternativement le gaz d'un bloc puis de l'autre (en général tout les 10 bars) afin de conserver un volume comparable dans chacun des blocs. Bi 12l séparables (20 Ko)

Dans le cas de plongée sur épaves profondes, il est nécessaire d'utiliser des bouteilles dédiées à la décompression. Elles contiennent des mélanges hyperoxygénés (NITROX) et ne seront utilisées que durant les paliers. Il est néanmoins nécessaire de les emmener avec soi durant le trajet d'allé et de retour. Outre le fait que leur positionnement est très important dans les capacités de déplacement du plongeur, les conditions difficiles qu'il règne généralement dans les épaves (visibilité faible, risque d'accroche, passage étroits...) rendent difficile voire impossible l'utilisation de ces blocs dans l'épave. En général, on dépose les blocs de décompression (relais) à l'extérieur de l'épave, à un endroit facilement repérable, on peut éventuellement leur adjoindre une mini bouée que l'on fixe par un bout à la robinetterie (un vieux parachute de palier retaillé est parfait pour ça.
Les mélanges présents dans les relais n'étant pas respirables à toutes les profondeurs, il est très important de pouvoir les identifier sans ambiguïté possible et pas seulement de manière visuelle (la visibilité peut-être très faible dans certains cas). On peut apposer des étiquettes de formes différentes, ou bien équiper chaque bloc relais d'un détendeur différent et facilement identifiable.
En ce qui concerne la robinetterie, il en existe deux types en ce qui concerne le raccordement du détendeur sur le robinet du ou des blocs. Le plus répandue (en France ?) et la plus ancienne est l'INT (Internationale) plus connu sous le nom d'étrier. L'autre est le DIN (Deutsches Industri fur Normumg). Ces deux connexions ne sont pas compatibles (encore qu'il soit très facile sur les blocs récents de retirer l'opercule d'un robinet INT pour le transformer en DIN) et nécessite des adaptateurs.
En plongée sur épaves (comme en spéléo) on préférera le DIN qui apporte principalement trois avantages : il est plus rigide (c'est ce qu'on m'a toujours dit, mais je ne suis pas expert en mécanique), il est moins encombrant, et le joint reste piégé dans une chambre fermée sans possibilité de fuite d'air après la mise sous pression. De plus, le système DIN avec un filetage long supporte les pressions d'utilisation jusqu'à 300 bars alors que l'INT ne pourra pas dépasser 230 bars.
Certains préconisent l'utilisation de connexions INT pour les relais, plus faciles et rapides à manipiler sous l'eau.

GILET STABILISATEUR (SSG) :
Pour ce type de plongée, un gilet de type 'technique' est nécessaire.
Il ne s'agit pas ici d'un caprice de mode (j'ai vu des plongeurs en Egypte avec un 12 litres alu, une wings 2 X 40l ... et 10 kg de plomb !) mais d'un besoin réel. L'avantage de ce type de gilet est qu'il se compose en général d'un harnais réglable, confortable et indépendant et de poches gonflables interchangeables de différents volumes en simple ou double enveloppe. Ce système permet une fixation sûre et la plus confortable possible des bouteilles et des blocs relais. Le positionnement dorsal du volume de flottabilité permet le gonflage complet de celui-ci sans pour autant géner le plongeur. Le harnais laisse la poitrine libre permettant ainsi les variations de volume de la combinaison étanche. Pour les poches à doubles enveloppes, les deux inflateurs apporte une redondance complète du gilet. Ceci étant, de plus en plus de plongeurs (moi y compris) se posent des questions sur le bien fondé de la démarche et se demande si la redondance des enveloppes (en fait le triplement si l'on considère que la combinaison étanche dispose de son propre volume de flotabilité) ne genère pas plus de problèmes et de compléxité qu'elle n'apporte de sécurité. SSG

DETENDEUR :
Le détendeur est l'équipement qui permet au plongeur de respirer, à cet égard c'est un équipement vital. Le plongeur sur épave se trouve en situation de plongée profonde et cumule les risques de stress physique il doit donc pouvoir compter sur son détendeur et notamment à grande profondeur. Pour le plongeur sur épaves, certaines caractéristiques du détendeur sont très importantes :
  • La résistance à l'inspiration : force à exercer nécessaire pour rompre l'équilibre du détendeur au repos. Il s'agit en général d'un compromis, il faut qu'elle soit le plus faible possible tout en empéchant la mise en débit continu du détendeur.
  • Le débit délivré : peu important à faible profondeur (tout les détendeurs ont des débit largement suffisant entre 0 et 20m), il devient critique à grande profondeur. Le détendeur doit pouvoir délivrer le volume d'air demandé par le plongeur par exemple lors d'un effort en immersion profonde.
  • la capacité de résister au givrage : dans les eaux froides et notamment en lac ou la température est souvent inférieure à 5°C les détendeurs 'normaux' givrent très facilement. Il est nécessaire d'utiliser un détendeur spécial (anti-givre) ou de monter un kit spécifique pour les modèles qui en dispose.
Personnellement j'utilise régulièrement des détendeurs MARES (Abyss et VR16) et POSEIDON (X/stream) et même pour les MARES qui n'ont pas une réputation de détendeurs profonds, je n'ai jamais rencontré de problème, j'ai juste modifié le réglage d'origine de la moyenne pression.
Une remarque concernant les détendeurs de secours : beaucoup de plongeurs préfère, pour des raisons économiques que l'on peut comprendre, ne pas investir dans le secours et achète un secours d'un niveau de performance inférieur au détendeur primaire. Je ne pense pas que les économies doivent se realiser à ce niveau. Il serait à mon sens plus judiscieux d'utiliser le détendeur 'moins performant' comme primaire et garder l'autre en secours. Quand on utilise le secours c'est qu'il y a eu un problème, ou pour le moins, que tout ne ce déroule pas comme prévu. Dans une situation de panne de détendeur, avec un début d'essoufflement, respirer sur un secours 'dur' et au débit un peu faible ne va pas contribuer à rétablir une situation normale.

FIL D'ARIANE :
Comme le fil que donna Ariane à Thésée lui permit de quitter le labyrinthe après avoir tué le minotaure, votre fil d'ariane vous permettra de retrouver la sortie, même avec une visibilité très réduite. Attention néanmoins, dans certaines conditions il peut dévenir dangereux et il est nécessaire de maîtriser son utilisation. Outre l'indication de la sortie il peut également servir dans le cas de palier en pleine eau (en complément du parachute), il peut aussi servir à mesurer une longueur et à bien autre chose. J'utilise les modèles en INOX et PVC qui ne s'oxydent pas (en principe) et qui résistent bien aux déformations mécaniques. Dans la grande majorité des cas les bobines standard suffisent (environ 45m en 3mm)

ECLAIRAGE :
Même si l'épave est peu profonde et dans des eaux claires, il est nécessaire dès que l'on se trouve à l'intérieur de disposer d'une source de lumière suffisamment fiable et puissante pour voir l'environnement. Si la lumière vient à manquer, la sortie de l'épave devient problématique. Dans la plongée sur épaves, l'éclairage n'est pas un confort supplementaire mais un élément de sécurité. Le système d'éclairage primaire ainsi que le secours doivent être fiables, puissant et d'une autonomie suffisante. Le minimum à prévoir est un éclairage de 20W et une autonomie d'au moins deux fois le temps à l'intérieur de l'épave. On admet généralement que le système d'éclairage de secours puisse avoir une puissant inférieur au primaire, mais il doit avoir une autonomie au moins égale. Personnellement j'utilise en primaire, un système d'éclairage modulaire DIVE RITE, conçu à l'origine pour les plongées spéléo et qui est parfait dans le cadre de la plongée sur épaves.
  • puissance modulaire par changement de l'ampoule : 20W, 25W, 30W, 50W, 100W et même au delà mais cela adresse plutôt des besoins d'éclairage pour vidéo sous-marine ;
  • autonomie importante et modulaire également par ajout de modules (12V 7,5Ah) ;
  • mobilité facilité par la séparation du bloc d'alimentation que l'on peut fixer sur le gilet ou les blocs de gaz et de la tête d'éclairage qui est légère et très maniable.
J'utilise en général une configuration avec un bloc d'alimentation et une tête 30 ou 50W. Je dispose ainsi d'une autonomie théorique de 1h15 à 3h se qui est plus que suffisant. En secours, j'utilise une lampe classique FA&MI 20W disposant d'une autonomie de 80mn. J'ai aussi glissé dans le gilet, une lampe à piles Remington, d'une puissance assez faible (quelques Watt) mais d'une autonomie très importante, son poids et son volume étant très réduits sa présence n'est pas génante.
MLS